Ensembles et applications 1 bac SM

Le chapitre Ensembles et applications en 1 bac SM : extension et compréhension, inclusion et ensemble des parties, complémentaire, réunion, intersection, produit cartésien, puis injection, surjection, bijection et composition, avec exercices corrigés.

Les ensembles

Définition

Ensemble, élément, ensemble vide

Un ensemble $E$ est une collection d'objets mathématiques ; les objets qu'il contient sont appelés les éléments de $E$. Si $x$ est un élément de $E$, on dit que $x$ appartient à $E$ et on écrit $x \in E$.

$\varnothing$ est l'ensemble qui ne contient aucun élément.

Un ensemble peut être défini en extension, en donnant la liste de ses éléments entre accolades. Par exemple, l'ensemble $V$ des voyelles de l'alphabet français s'écrit $V = \{a ; e ; i ; o ; u ; y\}$.

Il peut aussi être défini en compréhension, par une propriété caractérisant ses éléments. Par exemple $E = \{k \in \mathbb{Z} \ / \ |3k+1| \leq 5\}$.

Exemple

L'ensemble des diviseurs de 3 s'écrit en extension $D_3 = \{1 ; 3\}$, et en compréhension comme l'ensemble des $n \in \mathbb{N}$ qui divisent 3.

L'ensemble $A$ des entiers naturels dont les carrés sont inférieurs ou égaux à 40 s'écrit $A = \left\{n \in \mathbb{N} \ / \ n^2 \leq 40\right\}$ en compréhension, et $A = \{0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6\}$ en extension.

Exercice

1

1) Écrire en extension les ensembles suivants.

$D_{180} = \left\{n \in \mathbb{N} \ / \ n \text{ divise } 180\right\}$

$A = \left\{n \in \mathbb{Z} \ / \ -\dfrac{5}{2} \leq n^2 \leq \dfrac{3}{2}\right\}$

$B = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ x^2 + x + 1 = 0\right\}$

2) Écrire en compréhension l'ensemble des nombres pairs.

Voir la correction

1) On a $180 = 2^2 \times 3^2 \times 5$, donc :

$$D_{180} = \{1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 9 ; 10 ; 12 ; 15 ; 18 ; 20 ; 30 ; 36 ; 45 ; 60 ; 90 ; 180\}$$

Les entiers $n$ tels que $n^2 \leq \dfrac{3}{2}$ sont $-1$, $0$ et $1$, donc $A = \{-1 ; 0 ; 1\}$.

Pour $x^2 + x + 1 = 0$ on a $\Delta = 1 - 4 = -3 < 0$, donc $B = \varnothing$.

2) $P = \left\{2k \ / \ k \in \mathbb{N}\right\}$.

Exercice

2

1) Écrire en extension les ensembles suivants.

$E_1 = \left\{k \in \mathbb{Z} \ / \ |k+1| \leq 2\right\}$

$E_2 = \left\{k \in \mathbb{Z} \ / \ k^2 \leq 7\right\}$

$E_3 = \left\{k \in \mathbb{Z} \ / \ 7 \leq k^2 \leq 35\right\}$

$E_4 = \left\{(x ; y) \in \mathbb{N}^2 \ / \ (x+y)(x-y) = 32\right\}$

$E_5 = \left\{(x ; y) \in \mathbb{N}^2 \ / \ x^2 - y^2 = 15\right\}$

2) Écrire en compréhension l'ensemble des multiples de 5 dans $\mathbb{N}$.

Voir la correction

1) $k \in E_1 \iff k \in \mathbb{Z}$ et $-2 \leq k+1 \leq 2 \iff k \in \mathbb{Z}$ et $-3 \leq k \leq 1$, donc $E_1 = \{-3 ; -2 ; -1 ; 0 ; 1\}$.

$k \in E_2 \iff k \in \mathbb{Z}$ et $|k| \leq \sqrt{7}$, c'est-à-dire $-\sqrt{7} \leq k \leq \sqrt{7}$, donc $E_2 = \{-2 ; -1 ; 0 ; 1 ; 2\}$.

$k \in E_3 \iff k \in \mathbb{Z}$ et $\sqrt{7} \leq |k| \leq \sqrt{35}$, donc $|k| \in \{3 ; 4 ; 5\}$ et $E_3 = \{-5 ; -4 ; -3 ; 3 ; 4 ; 5\}$.

Pour $E_4$ : la somme $(x-y) + (x+y) = 2x$ est paire, donc $x-y$ et $x+y$ ont la même parité ; de plus $x+y \geq x-y$ et $32 = 2^5$. On dresse le tableau des factorisations possibles :

$$\begin{array}{|c|c|c|}\hline x-y & 2 & 4 \\ \hline x+y & 16 & 8 \\ \hline x & 9 & 6 \\ \hline y & 7 & 2 \\ \hline\end{array}$$

Donc $E_4 = \{(6 ; 2) ; (9 ; 7)\}$.

Pour $E_5$ : $x^2 - y^2 = 15 \iff (x+y)(x-y) = 15$. Les diviseurs de 15 sont 1, 3, 5 et 15, et $x+y \geq x-y$ :

$$\begin{array}{|c|c|c|}\hline x-y & 1 & 3 \\ \hline x+y & 15 & 5 \\ \hline x & 8 & 4 \\ \hline y & 7 & 1 \\ \hline\end{array}$$

Donc $E_5 = \{(4 ; 1) ; (8 ; 7)\}$.

2) $P = \left\{5k \ / \ k \in \mathbb{N}\right\}$.

Exercice

3

Écrire en extension les ensembles suivants.

$A = \left\{\cos\left(\dfrac{\pi}{5} + \dfrac{n\pi}{6}\right) : n \in \mathbb{Z}\right\}$

$B = \left\{\sin\left(\dfrac{\pi}{12} + \dfrac{n\pi}{6}\right) : n \in \mathbb{Z}\right\}$

Voir la correction

Les fonctions $\cos$ et $\sin$ sont périodiques de période $2\pi$, et $\dfrac{n\pi}{6} = 2\pi \iff n = 12$. Il suffit donc de faire varier $n$ dans $\{0 ; 1 ; 2 ; \dots ; 11\}$.

Comme $\dfrac{\pi}{5} + \dfrac{n\pi}{6} = \dfrac{(6+5n)\pi}{30}$, on obtient :

$$A = \left\{\cos\frac{6\pi}{30} ; \cos\frac{11\pi}{30} ; \cos\frac{16\pi}{30} ; \cos\frac{21\pi}{30} ; \cos\frac{26\pi}{30} ; \cos\frac{31\pi}{30} ; \cos\frac{36\pi}{30} ; \cos\frac{41\pi}{30} ; \cos\frac{46\pi}{30} ; \cos\frac{51\pi}{30} ; \cos\frac{56\pi}{30} ; \cos\frac{61\pi}{30}\right\}$$

Pour $B$, on a $\dfrac{\pi}{12} + \dfrac{n\pi}{6} = \dfrac{(2n+1)\pi}{12}$. En tenant compte des relations $\sin(\pi - x) = \sin x$ et $\sin(\pi + x) = -\sin x$, les douze valeurs se réduisent à six :

$$B = \left\{\sin\frac{\pi}{12} ; \sin\frac{3\pi}{12} ; \sin\frac{5\pi}{12} ; -\sin\frac{\pi}{12} ; -\sin\frac{3\pi}{12} ; -\sin\frac{5\pi}{12}\right\}$$

Égalité, inclusion et ensemble des parties

Définition

Égalité de deux ensembles

On dit que deux ensembles $E$ et $F$ sont égaux s'ils ont exactement les mêmes éléments ; on écrit $E = F$.

$$(E = F) \iff (x \in E \iff x \in F)$$
Exemple

Soient $A = \left\{k \in \mathbb{Z} \ / \ |2k+1| \leq 3\right\}$ et $B = \{-2 ; -1 ; 0 ; 1\}$. Montrons que $A = B$.

Voir la correction

$k \in A \iff k \in \mathbb{Z}$ et $-3 \leq 2k+1 \leq 3 \iff k \in \mathbb{Z}$ et $-4 \leq 2k \leq 2$, c'est-à-dire $k \in \mathbb{Z}$ et $-2 \leq k \leq 1$.

Donc $k \in A \iff k \in \{-2 ; -1 ; 0 ; 1\} \iff k \in B$, et par suite $A = B$.

Définition

Inclusion

Soient $E$ et $F$ deux ensembles quelconques. On dit que $E$ est inclus dans $F$ si tout élément de $E$ est un élément de $F$. On dit aussi que $E$ est un sous-ensemble de $F$, ou encore une partie de $F$, et on note $E \subset F$.

$$(E \subset F) \iff (x \in E \Rightarrow x \in F)$$
Définition

Ensemble des parties

Soit $E$ un ensemble. Les parties de $E$ constituent un ensemble appelé ensemble des parties de $E$ et noté $P(E)$.

$$P(E) = \left\{X \ / \ X \subset E\right\}$$
Exemple

Soit $E = \{0 ; 1 ; 2\}$. Les ensembles inclus dans $E$ sont :

$$P(E) = \Big\{\varnothing ; \{0\} ; \{1\} ; \{2\} ; \{0 ; 1\} ; \{0 ; 2\} ; \{1 ; 2\} ; E\Big\}$$
Remarque

$A$ est une partie de $E$ si et seulement si $A$ est un élément de $P(E)$ : $A \subset E \iff A \in P(E)$.

En particulier $\varnothing \in P(E)$ et $\varnothing \subset E$, ainsi que $E \in P(E)$ et $E \subset E$.

Exercice

4

Écrire en extension les ensembles suivants.

1) $P\big(P(\varnothing)\big)$

2) $P\big(P(\{a ; b\})\big)$

Voir la correction

1) On a $P(\varnothing) = \{\varnothing\}$, donc $P\big(P(\varnothing)\big) = \Big\{\varnothing ; \{\varnothing\}\Big\}$.

2) On a $P(\{a ; b\}) = \Big\{\varnothing ; \{a\} ; \{b\} ; \{a ; b\}\Big\}$, un ensemble à 4 éléments : son ensemble des parties en compte donc $2^4 = 16$.

$$P\Big(P(\{a ; b\})\Big) = \left\{\begin{array}{l} \varnothing \ ; \ \{\varnothing\} \ ; \ \big\{\{a\}\big\} \ ; \ \big\{\{b\}\big\} \ ; \ \big\{\{a ; b\}\big\} \ ; \\ \big\{\varnothing ; \{a\}\big\} \ ; \ \big\{\varnothing ; \{b\}\big\} \ ; \ \big\{\varnothing ; \{a ; b\}\big\} \ ; \\ \big\{\{a\} ; \{b\}\big\} \ ; \ \big\{\{a\} ; \{a ; b\}\big\} \ ; \ \big\{\{b\} ; \{a ; b\}\big\} \ ; \\ \big\{\varnothing ; \{a\} ; \{b\}\big\} \ ; \ \big\{\varnothing ; \{a\} ; \{a ; b\}\big\} \ ; \\ \big\{\varnothing ; \{b\} ; \{a ; b\}\big\} \ ; \ \big\{\{a\} ; \{b\} ; \{a ; b\}\big\} \ ; \\ \big\{\varnothing ; \{a\} ; \{b\} ; \{a ; b\}\big\} \end{array}\right\}$$

Complémentaire, intersection, réunion et différence

Définition

Complémentaire

Soit $A$ une partie de $E$. Le complémentaire de $A$ est l'ensemble constitué de tous les éléments de $E$ qui n'appartiennent pas à $A$ ; on le note $\overline{A}$ ou $C_E^A$.

$$\overline{A} = \left\{x \in E \ / \ x \notin A\right\}$$
Exemple

Si $E$ est un ensemble quelconque, $\overline{E} = \varnothing$ et $\overline{\varnothing} = E$.

Dans $\mathbb{R}$, le complémentaire de $\mathbb{Q}$ est l'ensemble $I$ des nombres irrationnels : $C_{\mathbb{R}}^{\mathbb{Q}} = I$.

Exercice

5

Donner le complémentaire des ensembles suivants.

1) L'ensemble $\mathbb{Q}$ dans $\mathbb{R}$.

2) L'intervalle $[a ; b[$ dans $\mathbb{R}$, avec $a < b$.

Voir la correction

1) Le complémentaire de $\mathbb{Q}$ est l'ensemble des irrationnels, noté $\mathbb{R} - \mathbb{Q}$.

2) $\overline{[a ; b[} = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ x \notin [a ; b[\right\} = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ x \geq b \text{ ou } x < a\right\}$, donc :

$$\overline{[a ; b[} = \,]-\infty ; a[ \ \cup \ [b ; +\infty[$$
Définition

Intersection

Soient $A$ et $B$ deux parties d'un ensemble $E$. L'intersection de $A$ et $B$ est l'ensemble constitué des éléments qui appartiennent à la fois à $A$ et à $B$ ; on la note $A \cap B$.

$$A \cap B = \left\{x \in E \ / \ x \in A \text{ et } x \in B\right\}$$
A B E
Définition

Réunion

Soient $A$ et $B$ deux parties d'un ensemble $E$. La réunion de $A$ et $B$ est l'ensemble constitué des éléments qui appartiennent à $A$ ou à $B$ ; on la note $A \cup B$.

$$A \cup B = \left\{x \in E \ / \ x \in A \text{ ou } x \in B\right\}$$
A B E
Définition

Différence

Soient $A$ et $B$ deux parties d'un ensemble $E$. La différence de $A$ et $B$ est l'ensemble constitué des éléments qui appartiennent à $A$ et qui n'appartiennent pas à $B$ ; on la note $A \setminus B$ ou $A - B$.

$$A \setminus B = \left\{x \in E \ / \ x \in A \text{ et } x \notin B\right\}$$
A B E

Propriétés

Propriété

Inclusion

Soient $E$ un ensemble et $A$, $B$, $C$ des parties de $E$.

  • $(A = B) \iff A \subset B$ et $B \subset A$
  • $A \subset B$ et $B \subset C \Rightarrow A \subset C$ (transitivité)
Propriété

Intersection et réunion

Soient $A$, $B$, $C$ des parties d'un ensemble $E$.

  • $A \cap A = A$ et $A \cup A = A$
  • Si $A \subset B$ alors $A \cap B = A$ et $A \cup B = B$
  • $A \cap B \subset A \subset A \cup B$
  • $(A \cap B) \cap C = A \cap (B \cap C)$ et $(A \cup B) \cup C = A \cup (B \cup C)$ (associativité)
  • $A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)$ (distributivité)
  • $A \cup (B \cap C) = (A \cup B) \cap (A \cup C)$ (distributivité)
Propriété

Lois de Morgan

Soient $A$ et $B$ des parties d'un ensemble $E$.

  • $\overline{A} = E - A$ et $\overline{\overline{A}} = A$
  • $\overline{A \cap B} = \overline{A} \cup \overline{B}$ et $\overline{A \cup B} = \overline{A} \cap \overline{B}$
  • $(A \subset B) \iff \left(\overline{B} \subset \overline{A}\right)$
Propriété

Différence

Soient $A$ et $B$ des parties d'un ensemble $E$.

$$A - B = A - (A \cap B) \qquad A - B = A \cap \overline{B}$$

Notations généralisées

Définition

Réunion et intersection d’une famille de parties

Soient $A_1$, $A_2$, …, $A_n$ une famille de parties d'un ensemble $E$, que l'on peut noter $(A_i)_{1 \leq i \leq n}$.

L'ensemble $A_1 \cup A_2 \cup \dots \cup A_n$ se note $\displaystyle\bigcup_{i=1}^{n} A_i$, et l'ensemble $A_1 \cap A_2 \cap \dots \cap A_n$ se note $\displaystyle\bigcap_{i=1}^{n} A_i$.

Définition

Partition

Une famille $(A_i)_{1 \leq i \leq n}$ de parties d'un ensemble $E$ s'appelle une partition de $E$ si elle vérifie :

$$\bigcup_{i=1}^{n} A_i = E \qquad \text{et} \qquad (i \neq j) \Rightarrow \left(A_i \cap A_j = \varnothing\right)$$

On dit alors que les ensembles sont disjoints deux à deux.

Exercice

6

Soient les ensembles $A = \left\{\dfrac{\pi}{4} + \dfrac{2k\pi}{5} : k \in \mathbb{Z}\right\}$ et $B = \left\{\dfrac{\pi}{2} + \dfrac{2k\pi}{5} : k \in \mathbb{Z}\right\}$.

Montrer que $A \cap B = \varnothing$.

Voir la correction

Supposons $A \cap B \neq \varnothing$. Il existe alors $x_0 \in \mathbb{R}$ tel que $x_0 \in A$ et $x_0 \in B$, c'est-à-dire qu'il existe $(k_1 ; k_2) \in \mathbb{Z}^2$ avec :

$$x_0 = \frac{\pi}{2} + \frac{2k_1\pi}{5} \quad \text{et} \quad x_0 = \frac{\pi}{4} + \frac{2k_2\pi}{5}$$

Donc $\dfrac{\pi}{2} + \dfrac{2k_1\pi}{5} = \dfrac{\pi}{4} + \dfrac{2k_2\pi}{5}$, ce qui donne $\dfrac{2}{5}(k_1 - k_2) = -\dfrac{1}{4}$, soit $k_1 - k_2 = -\dfrac{5}{8}$.

C'est une contradiction, car $k_1 - k_2 \in \mathbb{Z}$ alors que $-\dfrac{5}{8} \notin \mathbb{Z}$. Donc $A \cap B = \varnothing$.

Exercice

7

Soient $A$, $B$, $C$ et $D$ des parties d'un ensemble $E$. Montrer que :

$$\left. \begin{array}{l} \overline{B-C} \cup A = E \\ \overline{C-D} \cup A = E \end{array} \right\} \Rightarrow (B-D) \subset A$$
Voir la correction

Supposons $\overline{B-C} \cup A = E$ et $\overline{C-D} \cup A = E$. Remarquons d'abord que $\overline{X} \cup A = E \Rightarrow X \subset A$.

Donc $B - C \subset A$ et $C - D \subset A$, c'est-à-dire $B \cap \overline{C} \subset A$ et $C \cap \overline{D} \subset A$.

Montrons que $B - D \subset A$, c'est-à-dire $B \cap \overline{D} \subset A$. Soit $x \in B \cap \overline{D}$ : on a $x \in B$ et $x \notin D$.

Si $x \in C$, alors $x \in C \cap \overline{D}$, donc $x \in A$ car $C \cap \overline{D} \subset A$.

Si $x \notin C$, alors $x \in B \cap \overline{C}$, donc $x \in A$ car $B \cap \overline{C} \subset A$.

Dans tous les cas $x \in A$, donc $(B - D) \subset A$.

Exercice

8

Soient $A$, $B$, $C$ des ensembles. Montrer que :

$$A \subset B \subset C \iff A \cup B = B \cap C$$
Voir la correction

Supposons $A \subset B \subset C$. On a $A \subset B$ donc $A \cup B = B$, et $B \subset C$ donc $B \cap C = B$. Par suite $A \cup B = B \cap C$.

Réciproquement, supposons $A \cup B = B \cap C$. De $A \cup B = B \cap C$ on tire $A \cup B \subset B$ et $A \cup B \subset C$, donc $A \subset B$ et $B \subset C$, c'est-à-dire $A \subset B \subset C$.

Conclusion : $A \subset B \subset C \iff A \cup B = B \cap C$.

Exercice

9

Soient $A$, $B$, $C$ des parties d'un ensemble $E$. Montrer que :

1) $A = (A \cap B \cap C) \cup (A \cap B \cap \overline{C}) \cup (A \cap \overline{B} \cap \overline{C}) \cup (A \cap \overline{B} \cap C)$

2) $(A \cup B) \cap (B \cup C) \cap (C \cup A) = (A \cap B) \cup (B \cap C) \cup (C \cap A)$

3) $A \cap \overline{B} = A \cap \overline{C} \iff A \cap B = A \cap C$

Voir la correction

1) En regroupant deux à deux :

$$(A \cap B \cap C) \cup (A \cap B \cap \overline{C}) \cup (A \cap \overline{B} \cap \overline{C}) \cup (A \cap \overline{B} \cap C)$$ $$= \Big[(A \cap B) \cap (C \cup \overline{C})\Big] \cup \Big[(A \cap \overline{B}) \cap (C \cup \overline{C})\Big]$$ $$= \Big[(A \cap B) \cap E\Big] \cup \Big[(A \cap \overline{B}) \cap E\Big] = (A \cap B) \cup (A \cap \overline{B}) = A \cap (B \cup \overline{B}) = A \cap E = A$$

2) En utilisant la distributivité :

$$(A \cup B) \cap (B \cup C) \cap (C \cup A) = \Big[B \cup (A \cap C)\Big] \cap (C \cup A)$$ $$= \Big(B \cap (C \cup A)\Big) \cup \Big((A \cap C) \cap (C \cup A)\Big) = (B \cap C) \cup (B \cap A) \cup (A \cap C)$$

3) Sens direct : $A \cap \overline{B} = A \cap \overline{C} \Rightarrow \overline{A \cap \overline{B}} = \overline{A \cap \overline{C}} \Rightarrow \overline{A} \cup \overline{\overline{B}} = \overline{A} \cup \overline{\overline{C}}$, donc $\overline{A} \cup B = \overline{A} \cup C$.

En intersectant par $A$ : $A \cap \left(\overline{A} \cup B\right) = A \cap \left(\overline{A} \cup C\right)$, donc $\left(A \cap \overline{A}\right) \cup (A \cap B) = \left(A \cap \overline{A}\right) \cup (A \cap C)$, d'où $A \cap B = A \cap C$.

Réciproquement, $A \cap B = A \cap C \Rightarrow A \cap \overline{\overline{B}} = A \cap \overline{\overline{C}}$, et d'après l'implication directe appliquée à $\overline{B}$ et $\overline{C}$, on obtient $A \cap \overline{B} = A \cap \overline{C}$.

Conclusion : $A \cap \overline{B} = A \cap \overline{C} \iff A \cap B = A \cap C$.

Exercice

10

Soient $A$, $B$, $C$ des parties d'un ensemble $E$. Montrer que :

$$\left. \begin{array}{l} A \cup B \subset A \cup C \\ A \cap B \subset A \cap C \end{array} \right\} \Rightarrow B \subset C$$
Voir la correction

Supposons $A \cup B \subset A \cup C$ et $A \cap B \subset A \cap C$, et montrons que $(\forall x \in E)(x \in B \Rightarrow x \in C)$.

Soit $x \in B$ ; alors $x \in A \cup B$, donc $x \in A \cup C$, c'est-à-dire $x \in A$ ou $x \in C$.

Si $x \in A$, alors $x \in A \cap B$, donc $x \in A \cap C$ car $A \cap B \subset A \cap C$, et par suite $x \in C$.

Si $x \notin A$, alors comme $x \in A$ ou $x \in C$ est vraie, on a $x \in C$.

Dans tous les cas $x \in C$, donc $B \subset C$.

Exercice

11

Soient $A$, $B$, $C$ des parties d'un ensemble $E$. La différence symétrique de $A$ et $B$ est l'ensemble noté $A \Delta B$ défini par $A \Delta B = (A - B) \cup (B - A)$.

1) Montrer que $A \Delta B = (A \cup B) - (A \cap B)$.

2) Montrer que $\overline{A} \Delta \overline{B} = A \Delta B$.

3) Montrer que pour toute partie $C$ de $E$ : $A \Delta B = A \Delta C \iff B = C$.

Voir la correction

1) On a $A \Delta B = (A - B) \cup (B - A) = \left(A \cap \overline{B}\right) \cup \left(B \cap \overline{A}\right)$, donc :

$$A \Delta B = \Big[\left(A \cap \overline{B}\right) \cup B\Big] \cap \Big[\left(A \cap \overline{B}\right) \cup \overline{A}\Big] = (A \cup B) \cap \left(\overline{B} \cup B\right) \cap \left(A \cup \overline{A}\right) \cap \left(\overline{B} \cup \overline{A}\right)$$ $$= (A \cup B) \cap E \cap E \cap \overline{A \cap B} = (A \cup B) \cap \overline{A \cap B} = (A \cup B) - (A \cap B)$$

2) $\overline{A} \Delta \overline{B} = \left(\overline{A} - \overline{B}\right) \cup \left(\overline{B} - \overline{A}\right) = \left(\overline{A} \cap B\right) \cup \left(\overline{B} \cap A\right) = (B - A) \cup (A - B) = A \Delta B$.

3) Soit $C \in P(E)$. Si $B = C$ alors $A \Delta B = A \Delta C$.

Supposons $A \Delta B = A \Delta C$ et montrons que $B = C$. Soit $x \in B$.

Si $x \in A$ : de $x \in A$ et $x \in B$ on tire $x \in A \cap B$, donc $x \notin A \Delta B$, donc $x \notin A \Delta C$ (car $A \Delta B = A \Delta C$), donc $x \in A \cap C$ et $x \in C$. Ainsi $A \cap B \subset C$.

Si $x \notin A$ : de $x \in B$ et $x \notin A$ on tire $x \in B - A$, donc $x \in A \Delta B$, donc $x \in A \Delta C$, donc $x \in C - A$ et $x \in C$. Ainsi $\overline{A} \cap B \subset C$.

De ces deux cas on déduit $(A \cap B) \cup \left(\overline{A} \cap B\right) \subset C$. Or $(A \cap B) \cup \left(\overline{A} \cap B\right) = \left(A \cup \overline{A}\right) \cap B = E \cap B = B$, donc $B \subset C$.

On montre de la même façon que $C \subset B$, d'où $B = C$. Finalement $A \Delta B = A \Delta C \iff B = C$.

Produit cartésien

Définition

Produit cartésien de deux ensembles

Soient $A$ et $B$ deux ensembles. Le produit cartésien de $A$ et $B$ est l'ensemble des couples $(x ; y)$ tels que $x \in A$ et $y \in B$ ; on le note $A \times B$.

$$A \times B = \left\{(x ; y) \ / \ x \in A \text{ et } y \in B\right\}$$

Le carré cartésien d'un ensemble $A$ est l'ensemble $A \times A$, noté $A^2$.

Exemple

Pour $A = [1 ; 2]$ et $B = [1 ; 3]$, le produit $A \times B$ est le rectangle des points $M(x ; y)$ dont l'abscisse décrit $A$ et l'ordonnée décrit $B$.

1 2 1 3 A×B A B
Exercice

12

Soit l'ensemble $E = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ x^2 + xy - 2y^2 + 5 = 0\right\}$.

1) a) Vérifier que $\left(\forall (x ; y) \in \mathbb{R}^2\right) : x^2 + xy - 2y^2 = (x-y)(x+2y)$.

1) b) Écrire en extension l'ensemble $E \cap \mathbb{Z}^2$.

1) c) Montrer que $E = \left\{\left(\dfrac{2t^2-5}{3t} ; \dfrac{-t^2-5}{3t}\right) \ / \ t \in \mathbb{R}^*\right\}$.

2) Écrire en compréhension les ensembles $A = \{0 ; 1 ; 4 ; 9 ; 16 ; \dots\}$, $B = \left\{-1 ; \dfrac{1}{2} ; -\dfrac{1}{3} ; \dfrac{1}{4} ; \dots\right\}$ et $C = \{\dots ; -5 ; -2 ; 1 ; 4 ; 7 ; \dots\}$.

Voir la correction

1) a) $(x-y)(x+2y) = x^2 + 2xy - xy - 2y^2 = x^2 + xy - 2y^2$.

1) b) $(x ; y) \in E \cap \mathbb{Z}^2 \iff (x-y)(x+2y) = -5$ et $(x ; y) \in \mathbb{Z}^2$. Les factorisations de $-5$ dans $\mathbb{Z}$ donnent quatre systèmes :

$$\begin{cases} x-y = -5 \\ x+2y = 1\end{cases} \quad \begin{cases} x-y = 5 \\ x+2y = -1\end{cases} \quad \begin{cases} x-y = -1 \\ x+2y = 5\end{cases} \quad \begin{cases} x-y = 1 \\ x+2y = -5\end{cases}$$

Donc $E \cap \mathbb{Z}^2 = \{(-3 ; 2) ; (3 ; -2) ; (1 ; 2) ; (-1 ; -2)\}$.

1) c) $(x ; y) \in E \iff (x-y)(x+2y) = -5$. En posant $x - y = t$ avec $t \in \mathbb{R}^*$, il vient $x + 2y = \dfrac{-5}{t}$, et la résolution du système donne :

$$x = \frac{2t^2-5}{3t} \quad \text{et} \quad y = \frac{-t^2-5}{3t}$$

Donc $E = \left\{\left(\dfrac{2t^2-5}{3t} ; \dfrac{-t^2-5}{3t}\right) \ / \ t \in \mathbb{R}^*\right\}$.

2) $A = \left\{k^2 \ ; \ k \in \mathbb{N}\right\}$, $B = \left\{\dfrac{(-1)^k}{k} \ ; \ k \in \mathbb{N}^*\right\}$ et $C = \left\{1 + 3n \ ; \ n \in \mathbb{Z}\right\}$.

Exercice

13

Soient $E$ et $F$ deux ensembles, $A$ une partie de $E$ et $B$ une partie de $F$.

1) Déterminer le complémentaire de $A \times F$ dans $E \times F$.

2) Déterminer le complémentaire de $E \times B$ dans $E \times F$.

3) Déterminer le complémentaire de $A \times B$ dans $E \times F$.

Voir la correction

1) $(x ; y) \in \overline{A \times F} \iff (x ; y) \notin A \times F \iff x \notin A$ ou $y \notin F$.

Or $y \notin F$ donne l'ensemble vide, donc $(x ; y) \in \overline{A} \times F$ et $\overline{A \times F} = \overline{A} \times F$.

2) De même $(x ; y) \in \overline{E \times B} \iff x \notin E$ ou $y \notin B$, et $x \notin E$ donne l'ensemble vide, donc $\overline{E \times B} = E \times \overline{B}$.

3) $(x ; y) \in \overline{A \times B} \iff x \notin A$ ou $y \notin B \iff (x ; y) \in \overline{A} \times F$ ou $(x ; y) \in E \times \overline{B}$, donc :

$$\overline{A \times B} = \left(\overline{A} \times F\right) \cup \left(E \times \overline{B}\right)$$
Exercice

14

Soit l'ensemble $L = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ x^2 + y^2 \leq 1\right\}$.

Montrer qu'il n'existe pas deux parties $A$ et $B$ de $\mathbb{R}$ telles que $L = A \times B$.

Voir la correction

Supposons qu'il existe deux parties $A$ et $B$ de $\mathbb{R}$ telles que $L = A \times B$.

On a $(1 ; 0) \in L$ et $(0 ; 1) \in L$, donc $1 \in A$ et $1 \in B$ puisque $L = A \times B$.

Par suite $(1 ; 1) \in A \times B$, c'est-à-dire $(1 ; 1) \in L$. Or $1^2 + 1^2 = 2 > 1$ : contradiction.

Conclusion : il n'existe pas deux parties $A$ et $B$ de $\mathbb{R}$ telles que $L = A \times B$.

Exercice

15

Soient les ensembles $H = \left\{y \in \mathbb{R} \ / \ y = \dfrac{1}{\sqrt{x^2+1}} : x \in \mathbb{R}\right\}$ et $G = \left\{y \in \mathbb{R} \ / \ y = \dfrac{1}{1+\sqrt{x^2+1}} : x \in \mathbb{R}\right\}$.

1) Montrer que $H = \,]0 ; 1]$, en considérant un élément $y_0 \in H$ puis un élément $y_0 \in \,]0 ; 1]$.

2) Montrer que $G \subset H$.

3) A-t-on $G = H$ ?

Voir la correction

1) Soit $y_0 \in H$ ; il existe $x_0 \in \mathbb{R}$ tel que $y_0 = \dfrac{1}{\sqrt{x_0^2+1}}$.

On a $x_0^2 \geq 0$, donc $x_0^2 + 1 \geq 1$, donc $\sqrt{x_0^2+1} \geq 1$, donc $0 < \dfrac{1}{\sqrt{x_0^2+1}} \leq 1$. Ainsi $y_0 \in \,]0 ; 1]$ et $H \subset \,]0 ; 1]$.

Réciproquement, soit $y_0 \in \,]0 ; 1]$ ; cherchons $x_0 \in \mathbb{R}$ tel que $y_0 = \dfrac{1}{\sqrt{x_0^2+1}}$. On a :

$$y_0 = \frac{1}{\sqrt{x_0^2+1}} \iff y_0^2 = \frac{1}{x_0^2+1} \iff x_0^2 = \frac{1}{y_0^2} - 1$$

Or $0 < y_0 \leq 1$, donc $\dfrac{1}{y_0^2} - 1 \geq 0$ : il suffit de prendre $x_0 = \sqrt{\dfrac{1}{y_0^2} - 1}$. Donc $y_0 \in H$ et $]0 ; 1] \subset H$.

Des deux inclusions on déduit $H = \,]0 ; 1]$.

2) Soit $y_0 \in G$ ; il existe $x_0 \in \mathbb{R}$ tel que $y_0 = \dfrac{1}{1+\sqrt{x_0^2+1}}$.

On a $x_0^2 + 1 \geq 1$, donc $\sqrt{x_0^2+1} \geq 1$, donc $1 + \sqrt{x_0^2+1} \geq 2$, donc $0 < \dfrac{1}{1+\sqrt{x_0^2+1}} \leq \dfrac{1}{2} \leq 1$. Ainsi $y_0 \in \,]0 ; 1]$ et $G \subset H$.

3) Supposons $G = H$. On a $1 \in H$, donc $1 \in G$, donc il existe $x_0 \in \mathbb{R}$ tel que $1 = \dfrac{1}{1+\sqrt{x_0^2+1}}$, soit $1 + \sqrt{x_0^2+1} = 1$, donc $\sqrt{x_0^2+1} = 0$, donc $x_0^2 = -1$ : absurde. Donc $H \neq G$.

Exercice

16

On considère dans $\mathbb{Z}$ les deux parties $A = \left\{x \in \mathbb{Z} \ / \ \dfrac{4x^2-4x+10}{2x-1} \in \mathbb{Z}\right\}$ et $B = \left\{x \in \mathbb{Z} \ / \ \dfrac{x+10}{x-5} \in \mathbb{Z}\right\}$.

1) a) Montrer que $\left(\forall x \in \mathbb{Z} - \{5\}\right) \ \dfrac{x+10}{x-5} = 1 + \dfrac{15}{x-5}$.

1) b) Montrer que $\left(\forall x \in \mathbb{Z}\right) \ \dfrac{4x^2-4x+10}{2x-1} = 2x - 1 + \dfrac{9}{2x-1}$.

2) Déterminer $A$, $B$, $A - B$, $B - A$ et $A \Delta B$ en extension.

3) On admet que l'opération $\Delta$ est associative dans $P(\mathbb{Z})$. Résoudre dans $P(\mathbb{Z})$ l'équation $A \Delta X = B$.

Voir la correction

1) a) $1 + \dfrac{15}{x-5} = \dfrac{x-5+15}{x-5} = \dfrac{x+10}{x-5}$.

1) b) $2x - 1 + \dfrac{9}{2x-1} = \dfrac{(2x-1)^2+9}{2x-1} = \dfrac{4x^2-4x+1+9}{2x-1} = \dfrac{4x^2-4x+10}{2x-1}$.

2) Pour tout $x \in \mathbb{Z}$, $2x-1 \in \mathbb{Z}$, donc $x \in A \iff \dfrac{9}{2x-1} \in \mathbb{Z} \iff 2x-1$ divise 9.

Donc $2x-1 \in \{-9 ; -3 ; -1 ; 1 ; 3 ; 9\}$, soit $2x \in \{-8 ; -2 ; 0 ; 2 ; 4 ; 10\}$ et $A = \{-4 ; -1 ; 0 ; 1 ; 2 ; 5\}$.

De façon analogue, $x \in B \iff x \neq 5$ et $x-5$ divise 15, donc $x - 5 \in \{-15 ; -5 ; -3 ; -1 ; 1 ; 3 ; 5 ; 15\}$ et $B = \{-10 ; 0 ; 2 ; 4 ; 6 ; 8 ; 10 ; 20\}$.

Par différence : $A - B = \{-4 ; -1 ; 1 ; 5\}$ et $B - A = \{-10 ; 4 ; 6 ; 8 ; 10 ; 20\}$, donc :

$$A \Delta B = \{-10 ; -4 ; -1 ; 1 ; 4 ; 5 ; 6 ; 8 ; 10 ; 20\}$$

3) En composant par $A$ : $A \Delta X = B \Rightarrow A \Delta (A \Delta X) = A \Delta B \Rightarrow (A \Delta A) \Delta X = A \Delta B \Rightarrow X = A \Delta B$, soit :

$$X = \{-10 ; -4 ; -1 ; 1 ; 4 ; 5 ; 6 ; 8 ; 10 ; 20\}$$
Exercice

17

Soient les ensembles $E = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ x^2 - xy - 2y^2 = 0\right\}$ et $F = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ x + y = 0\right\}$.

1) Montrer que $F \subset E$.

2) Déterminer $y$ dans $\mathbb{R}$ tel que $(1 ; y) \in E$. A-t-on $E \subset F$ ?

3) Montrer que $E = F \cup G$, où $G$ est un ensemble à déterminer.

4) Soient les ensembles $H = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ y^2 - 2y(x+1) + 2x = 0\right\}$, $A = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ y = x + 1 + \sqrt{x^2+1}\right\}$ et $B = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ y = x + 1 - \sqrt{x^2+1}\right\}$.

4) a) Montrer que $H = A \cup B$.

4) b) Déterminer $H \cap F$.

Voir la correction

1) $(x ; y) \in F \iff x + y = 0 \iff y = -x$, donc $x^2 - xy - 2y^2 = y^2 + y^2 - 2y^2 = 0$, c'est-à-dire $(x ; y) \in E$. Donc $F \subset E$.

2) $(1 ; y) \in E \iff 1 - y - 2y^2 = 0 \iff (1+y)(1-2y) = 0 \iff y = -1$ ou $y = \dfrac{1}{2}$.

Donc $\left(1 ; \dfrac{1}{2}\right) \in E$ alors que $\left(1 ; \dfrac{1}{2}\right) \notin F$ puisque $1 + \dfrac{1}{2} \neq 0$. Il existe donc un couple de $E$ qui n'est pas dans $F$ : $E \not\subset F$.

3) $(x ; y) \in E \iff x^2 - 2xy + xy - 2y^2 = 0 \iff x(x+y) - 2y(x+y) = 0 \iff (x+y)(x-2y) = 0$.

Donc $x + y = 0$ ou $x - 2y = 0$, c'est-à-dire $(x ; y) \in F$ ou $(x ; y) \in G$ avec $G = \left\{(x ; y) \in \mathbb{R}^2 \ / \ x - 2y = 0\right\}$. Par suite $E = F \cup G$.

4) a) $(x ; y) \in H \iff y^2 - 2y(x+1) + 2x = 0$. En complétant le carré :

$$y^2 - 2y(x+1) + (x+1)^2 = (x+1)^2 - 2x \iff \big[y - (x+1)\big]^2 = x^2 + 1$$

Donc $y = x + 1 + \sqrt{x^2+1}$ ou $y = x + 1 - \sqrt{x^2+1}$, c'est-à-dire $(x ; y) \in A$ ou $(x ; y) \in B$. Par suite $H = A \cup B$.

4) b) $(x ; y) \in H \cap F \iff y^2 - 2y(x+1) + 2x = 0$ et $x = -y$. En remplaçant $y$ par $-x$ :

$$x^2 + 2x(x+1) + 2x = 0 \iff 3x^2 + 4x = 0 \iff x(3x+4) = 0$$

Donc $x = 0$ et $y = 0$, ou $x = -\dfrac{4}{3}$ et $y = \dfrac{4}{3}$, c'est-à-dire :

$$H \cap F = \left\{(0 ; 0) \ ; \ \left(-\frac{4}{3} ; \frac{4}{3}\right)\right\}$$
Exercice

18

Soient $A$, $B$, $C$ des parties d'un ensemble $E$.

1) a) Déterminer une condition suffisante d'existence de $X$ dans $P(E)$ tel que $A \cup X = B$.

1) b) Résoudre dans $P(E)$ l'équation $A \cup X = B$.

2) On suppose que $C \subset A \subset B$. Résoudre dans $P(E)$ le système $\begin{cases} A \cup X = B \\ A \cap X = C \end{cases}$

Voir la correction

1) a) Si $A \cup X = B$ alors $X \subset B$ et $A \subset B$. Une condition suffisante d'existence de $X$ dans $P(E)$ tel que $A \cup X = B$ est donc $A \subset B$.

1) b) $A \cup X = B \Rightarrow (B-A) \cap (A \cup X) = (B-A) \cap B$, donc :

$$\Big[(B-A) \cap A\Big] \cup \Big[(B-A) \cap X\Big] = B - A \iff \varnothing \cup \Big[(B-A) \cap X\Big] = B - A$$

Donc $(B-A) \cap X = B - A$, c'est-à-dire $B - A \subset X$, et comme $X \subset B$ on obtient $B - A \subset X \subset B$.

Réciproquement, toute partie $X$ vérifiant $B - A \subset X \subset B$ est solution, car $(B-A) \cup A = B$.

Donc $A \cup X = B \iff X = (B-A) \cup Y$ avec $Y \in P(A)$, et l'ensemble des solutions est :

$$S = \Big\{(B-A) \cup Y \ ; \ Y \in P(A)\Big\}$$

2) Avec $C \subset A \subset B$, la première équation donne $X = (B-A) \cup Y$ où $Y \in P(A)$, et la seconde s'écrit $A \cap \Big[(B-A) \cup Y\Big] = C$, soit :

$$\Big[A \cap (B-A)\Big] \cup (A \cap Y) = C$$

Or $A \cap (B-A) = \varnothing$ et $A \cap Y = Y$ puisque $Y \subset A$, donc $Y = C$ et $X = (B-A) \cup C$. L'ensemble des solutions est :

$$S = \Big\{(B-A) \cup C\Big\}$$

Les applications

Définition

Application

Soient $E$ et $F$ deux ensembles non vides. On appelle application toute relation $f$ de $E$ dans $F$ telle que tout élément $x$ de $E$ est relié à un unique élément $y$ de $F$.

$$f : E \longrightarrow F \ ; \ x \longmapsto y = f(x)$$

L'ensemble $E$ s'appelle l'ensemble de départ de $f$ et l'ensemble $F$ son ensemble d'arrivée. On dit que $y = f(x)$ est l'image de $x$ par $f$, et que $x$ est un antécédent de $y$ par $f$.

Exemple

L'application $f : \mathbb{R} - \{0\} \longrightarrow \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto \dfrac{x+1}{x}$ est bien une application de $\mathbb{R} - \{0\}$ dans $\mathbb{R}$.

En revanche $g : \mathbb{R} \longrightarrow \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto \dfrac{x+1}{x}$ n'est pas une application de $\mathbb{R}$ dans $\mathbb{R}$, car 0 n'admet pas d'image.

Définition

Égalité de deux applications

On dit que deux applications $f$ et $g$ sont égales si elles ont le même ensemble de départ $E$, le même ensemble d'arrivée $F$, et si $(\forall x \in E)(f(x) = g(x))$.

Exemple

Les trois applications $f : \mathbb{R}^+ \to \mathbb{R}$, $g : \mathbb{R} \to \mathbb{R}^+$ et $h : \mathbb{R}^+ \to \mathbb{R}^+$, toutes définies par $x \longmapsto x^2$, sont différentes.

En revanche, soient $f : \mathbb{Z} \to \mathbb{R} \ ; \ n \longmapsto (-1)^n$ et $g : \mathbb{Z} \to \mathbb{R} \ ; \ n \longmapsto \sin\left(\dfrac{\pi}{2} + n\pi\right)$. Elles ont le même ensemble de départ $\mathbb{Z}$ et le même ensemble d'arrivée $\mathbb{R}$, et :

$$g(n) = \sin\left(\frac{\pi}{2} + n\pi\right) = \cos(n\pi) = (-1)^n = f(n)$$

Donc $f = g$.

Définition

Injection

Soit $f$ une application de $E$ dans $F$. On dit que $f$ est injective de $E$ dans $F$ si :

$$\left(\forall (x_1 ; x_2) \in E^2\right) \ x_1 \neq x_2 \Rightarrow f(x_1) \neq f(x_2)$$

Par contraposition, on peut dire que $f$ est injective si et seulement si :

$$\left(\forall (x_1 ; x_2) \in E^2\right) \ f(x_1) = f(x_2) \Rightarrow x_1 = x_2$$
Exemple

1) L'application $f : \mathbb{R}^+ \to \mathbb{R}^+ \ ; \ x \longmapsto x + \sqrt{x}$ est-elle injective ?

2) L'application $g : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto x^2 - 1$ est-elle injective ?

Voir la correction

1) Soient $x_1 \in \mathbb{R}^+$ et $x_2 \in \mathbb{R}^+$ tels que $f(x_1) = f(x_2)$ ; alors $x_1 + \sqrt{x_1} = x_2 + \sqrt{x_2}$, donc :

$$\left(\sqrt{x_1} - \sqrt{x_2}\right)\left(\sqrt{x_1} + \sqrt{x_2} + 1\right) = 0$$

Or $\sqrt{x_1} + \sqrt{x_2} + 1 \neq 0$, donc $\sqrt{x_1} = \sqrt{x_2}$ et $x_1 = x_2$ : $f$ est injective.

2) On a $g(1) = g(-1) = 0$ alors que $1 \neq -1$, donc $g$ n'est pas injective.

Définition

Surjection

Soit $f$ une application de $E$ dans $F$. On dit que $f$ est surjective de $E$ dans $F$ si tout élément $y$ de $F$ admet un antécédent dans $E$.

$$(\forall y \in F)(\exists x \in E)(f(x) = y)$$

Autrement dit : pour tout $y$ dans $F$, l'équation $f(x) = y$ admet au moins une solution dans $E$.

Exemple

1) L'application $f : \mathbb{R}^+ \to \,]-\infty ; 3] \ ; \ x \longmapsto 3 - x^2$ est-elle surjective ?

2) L'application $f : \mathbb{R}^+ \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto 3 - x^2$ est-elle surjective ?

Voir la correction

1) Soit $y \in \,]-\infty ; 3]$ ; résolvons l'équation $f(x) = y$. On a $3 - x^2 = y \iff x^2 = 3 - y$.

Or $y \leq 3$, donc $3 - y \geq 0$ et $x = \sqrt{3-y}$ convient puisque $x \in \mathbb{R}^+$. Ainsi tout $y$ de $]-\infty ; 3]$ admet un antécédent : $f$ est surjective.

2) Pour tout $x \in \mathbb{R}^+$ on a $f(x) \leq 3$. L'équation $f(x) = 4$ n'admet donc pas de solution dans $\mathbb{R}^+$ : $f$ n'est pas surjective.

Définition

Bijection

Soit $f$ une application de $E$ dans $F$. On dit que $f$ est une bijection de $E$ dans $F$ si elle est à la fois injective et surjective.

Propriété

Caractérisation d’une bijection

Une application $f$ est une bijection de $E$ dans $F$ si et seulement si :

$$(\forall y \in F)(\exists ! \, x \in E)(f(x) = y)$$

Autrement dit : pour tout $y$ dans $F$, l'équation $f(x) = y$ admet une unique solution dans $E$.

Exemple

L'application $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto 2 - 5x$ est-elle une bijection de $\mathbb{R}$ vers $\mathbb{R}$ ?

Voir la correction

Soit $y \in \mathbb{R}$ ; résolvons l'équation $f(x) = y$ : $2 - 5x = y \iff x = \dfrac{2-y}{5}$.

L'équation $f(x) = y$ admet une unique solution dans $\mathbb{R}$ pour tout $y \in \mathbb{R}$, donc $f$ est une bijection de $\mathbb{R}$ vers $\mathbb{R}$.

Définition

Bijection réciproque

Si $f$ est une bijection de $E$ dans $F$, l'application de $F$ dans $E$ qui associe à chaque élément $y$ l'élément $x$ de $E$ solution de l'équation $f(x) = y$ s'appelle la bijection réciproque de $f$ et se note $f^{-1}$.

$$\begin{cases} f^{-1}(y) = x \\ y \in F \end{cases} \iff \begin{cases} f(x) = y \\ x \in E \end{cases}$$
Exemple

Soit l'application $f : \,]1 ; +\infty[ \ \to \ ]0 ; +\infty[ \ ; \ x \longmapsto \dfrac{2}{x-1}$.

Montrer que $f$ est une bijection et déterminer sa bijection réciproque.

Voir la correction

Soit $y \in \,]0 ; +\infty[$ ; résolvons l'équation $f(x) = y$ avec $x \in \,]1 ; +\infty[$ :

$$\frac{2}{x-1} = y \iff x - 1 = \frac{2}{y} \iff x = \frac{2}{y} + 1$$

Pour tout $y \in \,]0 ; +\infty[$, l'équation admet une unique solution dans $]1 ; +\infty[$, donc $f$ est une bijection de $]1 ; +\infty[$ vers $]0 ; +\infty[$, et :

$$f^{-1} : \,]0 ; +\infty[ \ \to \ ]1 ; +\infty[ \ ; \ x \longmapsto \frac{2}{x} + 1$$

Image directe et image réciproque

Définition

Image directe et image réciproque

Soit $f$ une application de $E$ dans $F$, $A$ une partie de $E$ et $B$ une partie de $F$.

L'image directe de $A$ est l'ensemble $f(A) = \left\{f(x) \in F \ / \ x \in A\right\}$.

L'image réciproque de $B$ est l'ensemble $f^{-1}(B) = \left\{x \in E \ / \ f(x) \in B\right\}$.

Remarque

Avec les mêmes notations :

$$f(A) = B \iff \begin{cases} f(A) \subset B \\ B \subset f(A) \end{cases} \iff \begin{cases} (\forall x \in A)\big(f(x) \in B\big) \\ (\forall y \in B)(\exists x \in A)\big(f(x) = y\big) \end{cases}$$

On a $f(A) = \varnothing \iff A = \varnothing$, mais si $f^{-1}(B) = \varnothing$ on ne peut pas conclure que $B = \varnothing$ : pour $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto 2x^2 + 1$, on a $f^{-1}\left(\mathbb{R}^-\right) = \varnothing$.

Pour parler de l'image réciproque d'un élément, il faut que $f$ soit bijective ; en revanche l'image réciproque d'un ensemble se considère quelle que soit la nature de l'application $f$.

Propriété

Caractérisation d’une surjection

Soit $f$ une application de $E$ dans $F$. Alors $f$ est surjective de $E$ dans $F$ si et seulement si $f(E) = F$.

Voir la correction

$f$ est une application de $E$ dans $F$, donc $f(E) \subset F$. Si de plus $f$ est surjective, alors $(\forall y \in F)(\exists x \in E)(f(x) = y)$, et donc $F \subset f(E)$. D'où $f(E) = F$.

Réciproquement, si $f(E) = F$ alors $F \subset f(E)$, et par suite $(\forall y \in F)(\exists x \in E)(f(x) = y)$ : $f$ est surjective.

Exemple

1) Soit $f : \mathbb{R} - \{-1\} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto \dfrac{3x-1}{x+1}$. Montrer que $f(x) = 3 - \dfrac{4}{x+1}$, puis déterminer $f(K)$ avec $K = \,]-\infty ; -1[$.

2) Soit $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto x^2$. Déterminer $f^{-1}(B)$ avec $B = [-1 ; 4]$.

3) Soit $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto \cos x$. Déterminer $f^{-1}(D)$ avec $D = \,]1 ; 2]$.

Voir la correction

1) Pour tout $x \in \mathbb{R} - \{-1\}$ : $3 - \dfrac{4}{x+1} = \dfrac{3x+3-4}{x+1} = \dfrac{3x-1}{x+1} = f(x)$.

Ensuite $x \in K \iff x < -1 \iff x + 1 < 0 \iff -\dfrac{4}{x+1} > 0$, donc $3 - \dfrac{4}{x+1} > 3$ et $f(K) = \,]3 ; +\infty[$.

2) $f^{-1}(B) = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ -1 \leq x^2 \leq 4\right\} = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ 0 \leq x^2 \leq 4\right\} = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ -2 \leq x \leq 2\right\}$, donc $f^{-1}(B) = [-2 ; 2]$.

3) $f^{-1}(D) = \left\{x \in \mathbb{R} \ / \ 1 < \cos x \leq 2\right\}$. Or $-1 \leq \cos x \leq 1$ pour tout $x \in \mathbb{R}$, donc $f^{-1}(D) = \varnothing$.

Restriction et prolongement

Définition

Restriction et prolongement d’une application

Soit $f$ une application de $E$ dans $F$ et $A$ une partie de $E$. L'application définie de $A$ vers $F$ qui associe à tout élément $x$ de $A$ l'élément $f(x)$ s'appelle la restriction de $f$ sur l'ensemble $A$.

Soit $\Gamma$ un ensemble tel que $E \subset \Gamma$. L'application définie de $\Gamma$ vers $F$ qui associe à tout élément $x$ de $E$ l'élément $f(x)$ s'appelle un prolongement de $f$ sur l'ensemble $\Gamma$.

Exemple

1) Soit $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto \sqrt{x^2-2x+1}$. Déterminer la restriction de $f$ sur l'intervalle $]-\infty ; 1]$.

2) Soit $f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto 2x - |x| + 3$. Déterminer la restriction de $f$ sur l'intervalle $]-\infty ; 0]$.

3) Soient $f : \mathbb{R}^+ \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto x$ et $g : \mathbb{R} \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto 2|x| - x$. L'application $g$ est-elle un prolongement de $f$ ?

Voir la correction

1) $f(x) = \sqrt{x^2-2x+1} = \sqrt{(x-1)^2} = |x-1|$. Si $x \in \,]-\infty ; 1]$ alors $f(x) = -(x-1) = -x+1$.

La restriction de $f$ sur $]-\infty ; 1]$ est donc $g : \,]-\infty ; 1] \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto -x+1$.

2) $f(x) = 2x - |x| + 3$. Si $x \in \,]-\infty ; 0]$ alors $|x| = -x$ et $f(x) = 2x + x + 3 = 3x + 3$.

La restriction de $f$ sur $]-\infty ; 0]$ est donc $g : \,]-\infty ; 0] \to \mathbb{R} \ ; \ x \longmapsto 3x+3$.

3) Si $x \in \mathbb{R}^+$ alors $|x| = x$ et $g(x) = 2x - x = x = f(x)$. Comme $\mathbb{R}^+ \subset \mathbb{R}$, $g$ est bien un prolongement de $f$ sur $\mathbb{R}$.

Partie entière

Théorème

Existence et unicité de la partie entière

On admet la proposition suivante :

$$(\forall x \in \mathbb{R})(\exists ! \, k \in \mathbb{Z})(k \leq x < k+1)$$
Définition

Partie entière d’un réel

L'entier relatif $k$ qui vérifie le théorème précédent s'appelle la partie entière du réel $x$ ; on le note $[x]$ ou $E(x)$.

L'application qui associe à chaque élément $x$ de $\mathbb{R}$ l'entier $E(x)$ de $\mathbb{Z}$ s'appelle l'application partie entière.

Exemple

$E\left(\sqrt{2}\right) = 1$, $E(\pi) = 3$ et $E(-\pi) = -4$.

Pour tout entier $n \geq 2$ on a $E\left(\dfrac{1}{n}\right) = 0$, et $(\forall k \in \mathbb{Z})\big(E(k) = k\big)$.

Composition de deux applications

Définition

Composée de deux applications

Soient $f$ une application de $E$ dans $F$ et $g$ une application de $G$ dans $H$ telles que $f(E) \subset G$. L'application $h$ définie de $E$ vers $H$ par $h(x) = g\big(f(x)\big)$ pour tout $x$ de $E$ s'appelle la composée des deux applications $f$ et $g$ et se note $g \circ f$.

$$(\forall x \in E)\Big(g \circ f(x) = g\big(f(x)\big)\Big)$$
Propriété

Composée d’injections, de surjections, de bijections

  • La composée de deux applications injectives est une application injective.
  • La composée de deux applications surjectives est une application surjective.
  • La composée de deux bijections $f$ et $g$ est une bijection, et $(g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}$.
Propriété

Associativité de la composition

La composition des applications est associative : $(f \circ g) \circ h = f \circ (g \circ h)$.

Elle n'est pas commutative : en général $f \circ g \neq g \circ f$.

Propriété

Bijection réciproque et identité

Si $f$ est une bijection de $E$ dans $F$ et $f^{-1}$ sa bijection réciproque :

  • $(\forall x \in E)\left(f^{-1} \circ f\right)(x) = x$ ; l'application $f^{-1} \circ f$ s'appelle l'identité de $E$ et se note $Id_E$.
  • $(\forall x \in F)\left(f \circ f^{-1}\right)(x) = x$ ; l'application $f \circ f^{-1}$ s'appelle l'identité de $F$ et se note $Id_F$.

Si $E = F$, alors $f^{-1} \circ f = f \circ f^{-1} = Id_E$.

Exemple

Soit l'application $h : \mathbb{R}^+ \to \left[\dfrac{1}{4} ; +\infty\right[ \ ; \ x \longmapsto x + \sqrt{x} + \dfrac{1}{4}$.

1) Écrire $h$ comme la composée de deux applications $f$ et $g$ : $h = g \circ f$.

2) a) Montrer que $f$ est une bijection et déterminer sa bijection réciproque.

2) b) Montrer que $g$ est une bijection et déterminer sa bijection réciproque.

2) c) En déduire que $h$ est une bijection de $\mathbb{R}^+$ dans $\left[\dfrac{1}{4} ; +\infty\right[$ et déterminer sa bijection réciproque.

Voir la correction

1) $h(x) = x + \sqrt{x} + \dfrac{1}{4} = \left(\sqrt{x} + \dfrac{1}{2}\right)^2$, donc $h = g \circ f$ avec :

$$f : \mathbb{R}^+ \to \left[\frac{1}{2} ; +\infty\right[ \ ; \ x \longmapsto \sqrt{x} + \frac{1}{2} \qquad g : \left[\frac{1}{2} ; +\infty\right[ \ \to \left[\frac{1}{4} ; +\infty\right[ \ ; \ x \longmapsto x^2$$

2) a) Soit $y \in \left[\dfrac{1}{2} ; +\infty\right[$ ; résolvons $f(x) = y$ : $\sqrt{x} + \dfrac{1}{2} = y \iff \sqrt{x} = \dfrac{2y-1}{2}$.

Or $y \geq \dfrac{1}{2}$ donne $2y - 1 \geq 0$, donc $x = \left(\dfrac{2y-1}{2}\right)^2 = \left(y - \dfrac{1}{2}\right)^2$. L'équation admet une unique solution, donc $f$ est une bijection de $\mathbb{R}^+$ vers $\left[\dfrac{1}{2} ; +\infty\right[$ et :

$$f^{-1} : \left[\frac{1}{2} ; +\infty\right[ \ \to \mathbb{R}^+ \ ; \ x \longmapsto \left(x - \frac{1}{2}\right)^2$$

2) b) $g$ est une bijection de $\left[\dfrac{1}{2} ; +\infty\right[$ vers $\left[\dfrac{1}{4} ; +\infty\right[$, et $g^{-1} : \left[\dfrac{1}{4} ; +\infty\right[ \ \to \left[\dfrac{1}{2} ; +\infty\right[ \ ; \ x \longmapsto \sqrt{x}$.

2) c) $h$ est la composée de deux bijections $f$ et $g$, donc $h$ est une bijection de $\mathbb{R}^+$ dans $\left[\dfrac{1}{4} ; +\infty\right[$, et pour tout $x$ :

$$h^{-1}(x) = (g \circ f)^{-1}(x) = \left(f^{-1} \circ g^{-1}\right)(x) = f^{-1}\big(g^{-1}(x)\big) = \left(\sqrt{x} - \frac{1}{2}\right)^2$$

Donc $h^{-1} : \left[\dfrac{1}{4} ; +\infty\right[ \ \to \mathbb{R}^+ \ ; \ x \longmapsto \left(\sqrt{x} - \dfrac{1}{2}\right)^2$.

Exercice

26

Soient les applications $f : \,]1 ; +\infty[ \ \to \ ]1 ; +\infty[ \ ; \ x \longmapsto 1 + \dfrac{2}{\sqrt{x}-1}$ et $g : \,]1 ; +\infty[ \ \to \ ]1 ; +\infty[ \ ; \ x \longmapsto \left(\dfrac{\sqrt{x}+1}{\sqrt{x}-1}\right)^2$.

1) Déterminer $f\big([2 ; 4[\big)$ et $g^{-1}\big(\{9\}\big)$.

2) Montrer que $f$ est une bijection de $]1 ; +\infty[$ dans $]1 ; +\infty[$ et déterminer sa bijection réciproque.

3) a) Vérifier que $(\forall x \in \,]1 ; +\infty[) : g(x) = \big(f(x)\big)^2$.

3) b) En déduire que $g$ est une bijection de $]1 ; +\infty[$ dans $]1 ; +\infty[$ et déterminer sa bijection réciproque.

Voir la correction

1) $f\big([2 ; 4[\big) = \left\{f(x) \ / \ 2 \leq x < 4\right\}$. De $2 \leq x < 4$ on tire $\sqrt{2} - 1 \leq \sqrt{x} - 1 < 1$, donc $1 < \dfrac{1}{\sqrt{x}-1} \leq \dfrac{1}{\sqrt{2}-1}$, c'est-à-dire $3 < f(x) \leq 3 + 2\sqrt{2}$.

Donc $f\big([2 ; 4[\big) = \,]3 ; 3 + 2\sqrt{2}]$.

Ensuite $g^{-1}\big(\{9\}\big) = \left\{x \in \,]1 ; +\infty[ \ / \ g(x) = 9\right\}$. Sur $]1 ; +\infty[$ le quotient $\dfrac{\sqrt{x}+1}{\sqrt{x}-1}$ est positif, donc $g(x) = 9 \iff \dfrac{\sqrt{x}+1}{\sqrt{x}-1} = 3 \iff \sqrt{x} = 2 \iff x = 4$, et $g^{-1}\big(\{9\}\big) = \{4\}$.

2) Injectivité : soient $x_1$ et $x_2$ dans $]1 ; +\infty[$ tels que $f(x_1) = f(x_2)$ ; alors $\dfrac{2}{\sqrt{x_1}-1} = \dfrac{2}{\sqrt{x_2}-1}$, donc $\sqrt{x_1} = \sqrt{x_2}$ et $x_1 = x_2$.

Surjectivité : soit $y \in \,]1 ; +\infty[$ ; alors $y = f(x) \iff x = \left(\dfrac{y+1}{y-1}\right)^2$. Et comme :

$$\left(\frac{y+1}{y-1}\right)^2 - 1 = \left(\frac{y+1}{y-1} - 1\right)\left(\frac{y+1}{y-1} + 1\right) = \frac{4y}{(y-1)^2} > 0$$

on a bien $\left(\dfrac{y+1}{y-1}\right)^2 > 1$, donc l'antécédent trouvé appartient à $]1 ; +\infty[$ : $f$ est surjective.

Donc $f$ est une bijection de $]1 ; +\infty[$ dans $]1 ; +\infty[$, et $f^{-1} : \,]1 ; +\infty[ \ \to \ ]1 ; +\infty[ \ ; \ x \longmapsto \left(\dfrac{x+1}{x-1}\right)^2$.

3) a) $\big(f(x)\big)^2 = \left(1 + \dfrac{2}{\sqrt{x}-1}\right)^2 = \left(\dfrac{\sqrt{x}-1+2}{\sqrt{x}-1}\right)^2 = \left(\dfrac{\sqrt{x}+1}{\sqrt{x}-1}\right)^2 = g(x)$.

3) b) On a $g = h \circ f$ avec $h(x) = x^2$ pour tout $x \in \,]1 ; +\infty[$. Les applications $f$ et $h$ étant des bijections de $]1 ; +\infty[$ dans $]1 ; +\infty[$, la composée $g = h \circ f$ en est une aussi, et :

$$g^{-1}(x) = (h \circ f)^{-1}(x) = \left(f^{-1} \circ h^{-1}\right)(x) = f^{-1}\left(\sqrt{x}\right) = \left(\frac{\sqrt{x}+1}{\sqrt{x}-1}\right)^2$$

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